Le vocabulaire des noms de domaine superpose trois univers : l’administratif (qui détient quoi), le protocolaire (comment on interroge) et le réseau (comment ça résout). D’où les confusions classiques — registre et registrar, propagation et TTL, WHOIS et RDAP.
Ce glossaire couvre les termes que vous croiserez en consultant un domaine, en configurant un DNS ou en lisant une facture de prestataire.
Acteurs et rôles
ANRT — Agence Nationale de Réglementation des Télécommunications. Le
régulateur marocain des télécoms, qui administre le registre du .ma via
registre.ma.
Registre (registry) — l’organisation qui tient la base de données
faisant autorité pour une extension, et qui exploite les serveurs de noms de
premier niveau. Pour .ma, c’est l’ANRT. Un registre ne vend pas de domaines
au grand public.
Registrar / prestataire accrédité — l’entreprise qui commercialise les
domaines et vous sert d’intermédiaire auprès du registre. Au Maroc, seuls les
prestataires ayant signé une convention avec l’ANRT peuvent enregistrer un
.ma. C’est votre interlocuteur pour tout : renouvellement, transfert, code
d’autorisation.
Registrant / titulaire — la personne physique ou morale au nom de laquelle le domaine est enregistré. C’est le propriétaire au sens du registre. À ne pas confondre avec le prestataire technique qui a rempli le formulaire.
Contact administratif — la personne désignée pour les décisions administratives sur le domaine.
Contact technique — la personne désignée pour les questions de configuration.
ICANN — l’organisation qui coordonne l’espace de nommage mondial et normalise les protocoles associés (statuts EPP, politiques de transfert).
IANA — la fonction qui tient les registres techniques de référence : serveurs racine, affectation des extensions, annuaire des serveurs RDAP.
Le nom de domaine lui-même
Nom de domaine — l’adresse lisible d’une ressource sur Internet, par
exemple exemple.ma.
TLD (Top-Level Domain) — l’extension, la partie après le dernier point :
.ma, .com, .org.
ccTLD — extension de pays. .ma est le ccTLD du Maroc.
gTLD — extension générique, non liée à un pays : .com, .net, .info.
Extension descriptive — au Maroc, les sous-extensions du .ma :
.co.ma, .net.ma, .org.ma, et les réservées .gov.ma, .ac.ma,
.press.ma.
Label — un segment du nom, entre deux points. Dans www.exemple.ma, il y
a trois labels.
Sous-domaine — un niveau supplémentaire à gauche : boutique.exemple.ma.
Il ne s’enregistre pas auprès du registre, vous le créez librement dans votre
DNS.
FQDN (Fully Qualified Domain Name) — le nom complet, sans ambiguïté,
parfois écrit avec un point final : exemple.ma.
IDN (Internationalized Domain Name) — un nom contenant des caractères
non latins ou accentués, comme مثال.المغرب ou café.ma. Le .ma accepte
les accents à â ç è é ê ë î ï ô ù û ü ÿ ; l’extension arabe .المغرب a son
propre alphabet autorisé, fixé en annexe de la décision ANRT.
Caractères similaires — des lettres que l’œil confond et qui serviraient
à usurper un nom existant. Le cadre marocain en définit des groupes pour
l’arabe — les variantes de l’alef (آ أ إ ا), celles du heh (ه ة), celles
du yeh (ي ى) — ainsi que l’équivalence entre chiffres latins et chiffres
arabo-indiens (0 et ٠, 1 et ١, et ainsi de suite). C’est le pendant
arabe du problème d’homoglyphes bien connu en latin.
Punycode — l’encodage qui traduit un IDN en ASCII pour le réseau.
café.ma devient xn--caf-dma.ma. Vous verrez toujours cette forme dans les
outils techniques ; c’est normal, elle désigne le même domaine. Le préfixe
xn-- explique aussi pourquoi le trait d’union est interdit en 3ᵉ et 4ᵉ
position d’un nom : cette séquence est réservée à la conversion.
Terme réservé — un terme dont l’enregistrement en .ma est subordonné à
l’identité et au droit du demandeur : le nom du Royaume, de ses institutions
et de ses services publics, seuls ou associés à des mots qui y renvoient. Une
liste est publiée sur le site du registre, mais elle est indicative et non
exhaustive — l’absence d’un terme ne vaut pas feu vert.
Cycle de vie
Enregistrement — la création initiale du domaine, pour 1 à 5 ans dans le
cas du .ma.
Renouvellement — la prolongation. Sur le .ma, la durée totale de validité
à compter de la demande ne peut pas dépasser cinq ans.
Expiration — la date de fin de validité.
Période de grâce d’expiration — 30 jours à compter de l’expiration, pendant lesquels le domaine est gelé mais peut encore être renouvelé ou résilié. Seuls les serveurs DNS restent modifiables.
Renouvellement d’office — sur le .ma, à la fin de la période de grâce
d’expiration, le domaine est systématiquement reconduit d’un an et facturé. Ce
n’est pas une option du prestataire : c’est le comportement par défaut du
registre.
Résiliation — la sortie volontaire d’un domaine, par formulaire signé. Sur
le .ma, c’est le seul moyen de ne plus payer un nom dont on ne veut plus.
Période de grâce de résiliation — 30 jours après une résiliation, pendant lesquels le titulaire peut réenregistrer le nom — avec une nouvelle date de création. Cette période n’est facturée ni par l’ANRT ni par le prestataire.
Redemption period — sur les extensions génériques, une phase de rachat
après suppression, à tarif majoré. Le .ma n’en prévoit pas.
Drop — le moment où un domaine supprimé redevient enregistrable par n’importe qui.
PARL (procédure alternative de résolution de litiges) — l’arbitrage
auquel tout titulaire de .ma se soumet tacitement en enregistrant son nom,
pour les litiges touchant une marque, une dénomination sociale ou une
indication géographique protégées au Maroc. Le domaine est gelé pendant la
procédure, et le recours au tribunal reste ouvert avant, pendant ou après.
Code d’autorisation (auth code, EPP code) — le code confidentiel,
généré et stocké par le registre, qui autorise un changement de prestataire.
Sur le .ma, votre prestataire doit vous le fournir sous deux jours
ouvrables et lever les verrous dans le même mouvement ; passé ce délai,
l’ANRT peut vous le transmettre directement.
Transfert de prestataire — le domaine change de gestionnaire, le titulaire reste le même. La date d’expiration est conservée.
Transfert volontaire — le changement de titulaire, par formulaire signé des deux parties et remis à l’ANRT via le prestataire. La date de création du domaine devient celle du transfert, et les noms similaires du titulaire suivent automatiquement.
Transfert forcé — le changement de titulaire imposé par l’ANRT sans l’accord du titulaire actuel : décision de justice, procédure alternative de résolution de litiges, décision de l’ANRT sur plainte, ou fusion-acquisition privant le titulaire du pouvoir de transférer lui-même.
Interdiction de revente — sur le .ma, la mise en vente et la revente
d’un nom de domaine par son titulaire sont interdites. Un nom constaté en
vente peut être supprimé sans délai et sans dédommagement. Il n’existe donc
pas de marché secondaire légal du .ma.
Verrouillage — sur le .ma, deux niveaux : le verrouillage-prestataire,
que le prestataire lève à tout moment, et le verrouillage-registre, posé par
l’ANRT sur demande du prestataire, qui bloque toute mise à jour et dont la
levée est facturée.
Consultation
WHOIS — le protocole historique de consultation des données
d’enregistrement, sur le port TCP 43. Renvoie du texte libre, sans format
normalisé. C’est le canal du .ma.
RDAP — le successeur normalisé du WHOIS : JSON sur HTTPS, champs définis, codes de statut explicites. Utilisé par la plupart des extensions génériques.
Statut EPP — un code décrivant l’état du domaine (clientTransferProhibited,
pendingDelete…). Voir notre guide dédié.
EPP (Extensible Provisioning Protocol) — le protocole par lequel les prestataires dialoguent avec le registre.
Masquage (redaction) — la non-publication des coordonnées personnelles dans le WHOIS, généralisée depuis le RGPD. Ce n’est pas une panne de l’outil.
DNS : les fondamentaux
DNS (Domain Name System) — le système qui traduit les noms en adresses IP, et qui porte aussi les enregistrements de messagerie, de vérification et de sécurité.
Serveur de noms (nameserver, NS) — le serveur qui détient les enregistrements d’un domaine et répond aux requêtes le concernant.
Zone — l’ensemble des enregistrements DNS d’un domaine.
Résolveur — le serveur qui, pour le compte d’un utilisateur, interroge la chaîne DNS jusqu’à obtenir la réponse. Cloudflare (1.1.1.1) et Google (8.8.8.8) en sont des exemples publics.
Serveurs racine — le sommet de la hiérarchie DNS, qui oriente vers les serveurs de chaque extension.
TTL (Time To Live) — la durée, en secondes, pendant laquelle un enregistrement peut être conservé en cache par les résolveurs. Un TTL de 3600 signifie qu’une modification peut mettre jusqu’à une heure à être vue.
Propagation — le délai pendant lequel une modification DNS coexiste avec l’ancienne valeur encore en cache ailleurs. Ce n’est pas un transfert : rien ne « se propage », les caches expirent simplement. Baisser le TTL avant une migration raccourcit cette phase.
Types d’enregistrements
A — associe un nom à une adresse IPv4.
AAAA — associe un nom à une adresse IPv6.
CNAME — alias : renvoie un nom vers un autre nom.
MX (Mail Exchange) — désigne les serveurs qui reçoivent le courrier du domaine, avec un ordre de priorité.
TXT — enregistrement de texte libre. Support de SPF, DKIM, DMARC et de la plupart des vérifications de propriété.
NS — désigne les serveurs de noms faisant autorité pour la zone.
SOA (Start of Authority) — les paramètres généraux de la zone : serveur primaire, contact, numéro de série, durées de rafraîchissement.
CAA — indique quelles autorités de certification ont le droit d’émettre un certificat pour le domaine.
SRV — désigne l’hôte et le port d’un service donné, comme la téléphonie sur IP.
PTR — l’inverse d’un A : associe une IP à un nom. Utilisé pour le DNS inverse, et regardé de près par les filtres anti-spam.
Sécurité et messagerie
SPF (Sender Policy Framework) — liste les serveurs autorisés à envoyer du courrier pour le domaine.
DKIM (DomainKeys Identified Mail) — signature cryptographique des messages, vérifiable via une clé publique publiée dans le DNS.
Sélecteur DKIM — l’identifiant qui désigne une clé DKIM parmi plusieurs,
dans selector._domainkey.exemple.ma.
DMARC — définit la conduite à tenir quand SPF et DKIM échouent, et fait remonter des rapports d’authentification.
Alignement — l’exigence, propre à DMARC, que le domaine validé par SPF ou
DKIM corresponde à celui affiché dans le champ From:.
DNSSEC — signature cryptographique des réponses DNS, qui empêche un résolveur d’accepter une réponse falsifiée.
DS (Delegation Signer) — l’enregistrement publié chez le registre qui relie la zone signée à la chaîne de confiance DNSSEC.
DNS-over-HTTPS (DoH) — l’interrogation du DNS via HTTPS, chiffrée et insensible aux interceptions sur le réseau local.
SSL / TLS — le chiffrement des échanges entre navigateur et serveur. TLS est le nom actuel ; SSL est l’ancien, resté dans l’usage courant.
Certificate Transparency — les journaux publics où sont consignés les certificats émis. Ils permettent de vérifier l’historique des certificats d’un domaine, et de repérer une émission non légitime.
Reverse IP — la recherche de tous les domaines hébergés sur une même adresse IP.
Cybersquatting — l’enregistrement d’un nom de domaine reprenant la marque d’un tiers, dans l’intention d’en tirer profit.
Vérifier tout cela
La plupart de ces notions se constatent directement : les statuts EPP et les dates dans une fiche WHOIS, les enregistrements dans l’outil DNS, la configuration de messagerie dans l’audit SPF/DKIM/DMARC, et l’état général d’une zone dans le contrôle de santé DNS.